23 rue des trois rois - 13006 marseille - ASSOCIATION LOI 1901
SALLE DE SPECTACLES
COURS DE THEATRE ADULTES ENFANTS
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THEATRE DU CARRE ROND
23 rue des trois rois 13006 marseille
Licence spectacles 1-1068436
Direction: Michel ADJRIOU / Dominique LAMOUR
Métro:ND du Mont Cours Julien
Parking: Cours Julien/La Plaine
Bar Salle Climatisée
Tel 06.11.29.25.05
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twitter: @lecarrerond


Bernard-Marie Koltès, auteur dramatique français, né à Metz le 9 avril 1948 et mort à Paris le 15 avril 1989, est né dans une famille bourgeoise de Metz. Dès sa jeunesse il est violent, alcoolique, drogué, et ancré dans la révolte (à l'image de celle de Jean Genet) ; pourtant il s’initie à la musique de Jean-Sébastien Bach avec l’organiste Louis Thiry. Il voit, à l’âge de vingt ans, Maria Casarès dans Médée. Il rencontre Hubert Gignoux, alors directeur du TNS Théâtre national de Strasbourg, lui propose d’intégrer l’école du TNS ; il y entre en section scénographie, puis y réalise une dizaine de mises en scène. Il commence alors à écrire pour le théâtre. En 1970, il monte sa propre troupe de théâtre, le « Théâtre du Quai » et écrit L’Héritage que Maria Casarès lit pour la radio. Entre un passage au Parti communiste français (1974-1978), de nombreux voyages en Amérique latine, en Afrique et à New York, Koltès crée de nombreuses pièces, comme le long monologue écrit pour Yves Ferry La Nuit juste avant les forêts, qui est montée en off au Festival d'Avignon en 1977 par l'auteur, puis à sa demande, par Moni Grégo au CDN de Lille. Son théâtre, en rupture avec la génération précédente du théâtre de l'absurde, est une recherche permanente sur la communication entre les hommes. Koltès a conçu le personnage de Roberto Zucco à partir de l'histoire réelle du tueur Roberto Succo. Au début des années 1980, il rencontre Patrice Chéreau qui devient son metteur en scène. Mais l'écrivain, malade, décède à quarante et un ans du SIDA.

Bernard-Marie Koltès, dont les textes sont traduits dans une trentaine de langues, est un des dramaturges français les plus joués dans le monde. Avec Retour au désert, il entre au répertoire de la Comédie-Française, dans une mise en scène de Muriel Mayette, mais une controverse avec ses ayants droit conduit à l'annulation des représentations.

Le théâtre de Koltès, fondé sur des problèmes réels, exprime la tragédie de l’être solitaire et de la mort. Comme les auteurs absurdes, il se sent exilé. Cependant Koltès se fonde sur des racines classiques : Marivaux, Shakespeare dont il traduit Le Conte d'hiver, que l'on retrouve dans Roberto Zucco. L'une des scènes de "Roberto Zucco" a été empruntée à la prise d'otages de Glatbeck, en août 1988. Il est influencé par Rimbaud et Claudel ; il retient de ce dernier l'idée de communion avec le spectateur lors du théâtre. Auteur d'un théâtre de révolte, Koltès est homosexuel dans un monde hétérosexuel. En Afrique, il voit la culture africaine écrasée par les Européens. Ce sujet devient la pièce Combat de nègre et de chiens. Après une visite en Amérique, il écrit Quai Ouest, sur un frère et une sœur dans une culture étrangère.

Dans Prologue & autres textes, il écrit de manière explicite son sentiment d'étrangeté face au théâtre et à la culture de son temps : alors que le film de kung-fu Le Dernier Dragon n'a reçu pratiquement aucune critique et peu de spectateurs à Paris - « encore un film de kung-fu » - lui, en revanche, crache à terre de dépit en disant « encore un film d'amour ». Car la supériorité des films de kung-fu, termine-t-il, c'est qu'ils parlent le mieux d'amour tandis que les films d'amour parlent "connement de l'amour, mais en plus, ne parlent pas du tout de kung-fu". Dans Dans la solitude des champs de coton (1987) mais aussi la plupart de ses pièces, les relations humaines sont envisagées parfois sous une perspective ethnologique (les êtres humains se rencontrent comme des chiens et des chats, sur des problèmes de territoire), voire une perspective économique (le contrat comme métaphore des relations entre individus et moteur d'une rencontre).


 
La Cie du Carré Rond présente

Bernard-Marie Koltès
Texte Intégral



Mise en scène: Dominique Lamour
assisté de Henri Fernandez


 

Roberto Zucco, qui vient de tuer son père, s'évade de prison le soir même de son arrestation. S'en suit alors une longue cavale jalonnée de meurtres, à commencer par celui de sa mère , et de rencontres dont la plus importante est celle de la "Gamine" , qu'il viole et qui , pourtant , s'éprend de lui . mais Zucco l'abandonne car il fuit toujours , il traverse le quartier mal famé du Petit Chicago où il assassine un inspecteur , il se retrouve dans un square où , après une prise d'otages , il tue un jeune garçon . Pendant que les meurtres s'enchaînent , la "Gamine" entreprend tout ce qu'elle peut pour le revoir et n'hésite pas à le dénoncer à la police . Elle sera donc l'agent de la chute de Zucco et causera son arrestation . Mais une fois encore , a peine arrêté , Zucco s'évade puis disparaît , englouti dans une tempête solaire apocalyptique...


Un trajet invraisemblable, un personnage mythique, un héros comme Samson ou Goliath, monstres de force, abattus finalement par un caillou ou par une femme.
"Bernard-Marie Koltès"






Zucco vit dans l'irresponsabilité de ses crimes, au hasard des rencontres de son quotidien - il n'en donne pas l'explication. Il "erre", de meurtres en meurtres. Evadé, en fuite, il vit sans identité, d'ailleurs il n'en recherche pas.
Il erre en "gardien" de l'univers, univers de sa révolte et de sa désespérance, gardien du monde, de "son" monde.


Qu'il soit enfermé en prison, ou "errant" dans la rue, il "est" prisonnier et s'évade, fuit, en permanence. Le monde "est" une prison, et ce qui compose le monde, la famille, les règles sociétales ou les lois, tout "est" une prison et son oeil glacé filtre la lumière étroite et blanche qui pénètre dans la cellule du prisonnier hanté par le devoir d'évasion, lumière de la liberté que Zucco cherche constamment au risque de se brûler les ailes comme attiré par l'enseigne lumineuse d'un bar à putes ou d'une station de métro.
Mais cet état de "gardien" apporte aussi de la douceur, rejoignant la beauté de la poésie. "Gardien" de la Gamine qui bouscule certaines de ses propres règles de conduite animale, "Gardien" du Monsieur perdu dans le métro qu'il comprend, qu'il écoute, qu'il guide et qu'il épargne, tout comme il épargnera la vieille bourgeoise du parc dont il comprend la prison de carcans alors qu'il écarte, donc tue son "morveux" de fils, et même pour sa propre mère qu'il tue pour lui épargner une vie future perçue par lui comme inutile. Un meurtre d'amour? Un geste d'euthanasie sociétale?
Zucco, un "gardien" qui tue pour se libérer.
"Dominique Lamour"



Dominique Lamour
Metteur en scène
Co-fondateur de la Compagnie et du Théâtre du Carré rond de Marseille, il crée ce lieu en 2008 avec Michel Adjriou proposant une mise en scène atypique de la Cantatrice Chauve d'Eugène Ionesco qui a déjà accueilli plusieurs milliers de spectateurs depuis sa création. Il met en scène ensuite plusieurs pièces : Le Projet Laramie de Moisés Kaufman d'après un fait divers authentique sur le meurtre sauvage d'un jeune étudiant gay américain, puis se replonge dans l'univers de Ionesco pour monter Rhinocéros et réalise Manhattan Medea de Dea Loher, pièce contemporaine inspirée du mythe de Médée et Jason transposé dans le New-York d'aujourd'hui. Il propose dès Janvier 2014 Huis Clos de Jean-Paul Sartre puis met en scène une adaptation de La Métamorphose de Franz Kafka. Il présente en juin 2016 Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès, l'histoire du tueur en série italien Roberto Succo, élevé à une dimension mythique. Il reprend également régulièrement depuis dix ans le répertoire de Georges Brassens accompagné par Nicolas Mattéï (guitare solo) Guillaume Hogan (guitare rythmique) et Jean-Christophe Gautier (contrebasse).

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