L'autre
coup de génie d’Eugène... Dans cette pièce, Ionesco parvient par
son art du dérèglement du langage à traiter avec humour du danger
du totalitarisme, de l’influence de la masse sur l’individu, de
la difficulté à penser seul et différemment des autres.
Une
maladie effraie les habitants d'une ville et les transforme bientôt
tous en rhinocéros.
Comment
l’arrivée d’un rhinocéros sur la place d’une petite ville de province
va mener à l’abandon de la personnalité, au fanatisme, à la fascination
que peut exercer un comportement de groupe, une idéologie ?
Comment
oser ne pas penser comme tout le monde quand on vit dans une démocratie
où la majorité l’emporte et a donc forcément raison ?
Comment
avoir le courage, au risque de perdre ses amis, son conjoint,
son travail, d'affirmer que l'on n'est pas d'accord avec la majorité,
que la majorité a tort ?
Une fois encore, dans
un réalisme intemporel, Ionesco nous renvoie au comportement de
l’homme face à l’autre et à lui-même.
Dominique
Lamour.
«Tous les chats sont
mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat...»
«C'est vrai. j'ai un chat qui s'appelle Socrate.»
«J'étais à côté de mon ami Jean, il y avait d'autres
gens...»
«Vous bafouillez, ma parole.»
«La nature a ses lois. La morale est antinaturelle...»
«Il
reste l'hypothèse de l'épidémie. C'est comme la grippe. Ca s'est
déjà vu des épidémies...»
«Je me demande si je suis bien immunisé... Est-ce
que ça tousse un rhinocéros ?.»
«Un
logicien que j'ai connu et qui m'a expliqué que les rhinocéros
asiatiques étaient africains, et que les rhinocéros africains
étaient asiatiques....»
«Je n'ai pas très faim, ou plutôt , je n'aime pas tellement
les conserves. j'ai envie de manger sur l'herbe...»
«Oh,
comme je voudrais être comme eux. Je n'ai pas de corne, hélas.
Que c'est laid un front plat......»