Où je Commence
d'après "Inventaires" de Philippe Minyana
Compagnie Bien Bon
Comédienne : Lise Gervais
Elève au Conservatoire de Marseille National d’Art Dramatique depuis 2006, sous la direction de Jean-Pierre Raffaelli et Pilar Anthony.
Metteur en scène : Chloé Bonifay
le Jeu c’est de parler maiS c’est pas moi qui décide
où je commencE
et jaMais tu diras que j’arrête d’êtRe une femme et de pas savoir
je suiS la ligne et j’ai pas peUr de tomber
je N’existe pas
je ne vous donne rien de mOi
enviE d’être seule qu’on m’embrasse sur la Joue par derrière en chinois
le noir çA amincit ça coule pluS profondément
sur la boucHe quand je pleure c’est Chic
la jupe troP courte et les talons cassés c’est vulGaire on s’en fout
je suis là que pour Toi
regardeZ-moi
« INVENTAIRES » de Philippe Minyana
Cette pièce de Minyana est de 1987.
"Trois femmes participent à jeu télévisé. Elles ont amené avec elles un objet, témoin de leur parcours. Une présentatrice toute puissante leur distribue la parole. Ces femmes sont là pour raconter leur vie. Toute leur vie, sans pudeur."
Minyana écrit cette pièce à partir de faits divers ou d’interviews, volonté de mettre en lumière les marginaux de notre société.
Cette parole, tout en créant l’illusion d’un effet naturaliste, est en réalité transfigurée par l’écriture (dans l’urgence du dire, dans le rythme, dans l’absence de ponctuation, dans les associations d’idées, d’images, de sonorités ...)
La langue orale débarrassée des scories habituelles devient un poème.
Pour Philippe Minyana le texte littéraire est avant tout une partition musicale.
Pour le metteur en scène et le comédien, il s’agit, avant tout, d’aborder le travail du texte comme un déchiffrage musical, traquer toutes les indications d’ordre mélodique offertes par l’auteur.
Minyana considère le corps de l’acteur comme un véritable instrument vivant.
L’acteur doit être traversé par les sons et son écriture essaie de parvenir «à une sorte d’osmose entre la respiration de l’acteur et celle des mots ».
Les répétitions /variations d’un même mot ou d’une même structure de phrase (matrices autour desquelles peuvent s’organiser des répliques ou des tirades entières) constituent aussi pour l’acteur de véritables tremplins de jeu, des impulsions données par le texte et porteuses d’émotions.
|